Domaine des Champs-Lingot
Un peu d'Histoire, de la grande à la petite...
Le coteau de Chevrens
Le Domaine des Champs-Lingot tire son nom de sa plus grande parcelle de vignes. Il semble que les lingots soient des haricots en franco-provençal. Toutefois, on y cultive de la vigne depuis des lustres. Le Domaine est situé sur une ancienne moraine du Glacier du Rhône qui s'étendait jusqu'à Lyon. Beaucoup plus tard, Pline l'Ancien parlait déjà des vins de la rive gauche alors allobroge, aux alentours de l'an 70 après J-C. "Des raisins noirs qui mûrissent à la gelée". A cette époque, les Romains vivent dans un "optimum" climatique, c'est-à-dire qu'il y faisait plus chaud qu'aujourd'hui, donc, on peut raisonnablement penser qu'ils vendangeaient à la fin novembre voir décembre. Chevrens, (autrefois Chevran, du latin capra, chèvre, caprin) est habité depuis très longtemps. Les vestiges d'un ancien cimetière gallo-romain attestent de la présence en ces lieux d'habitants dans les premiers siècles de notre ère. Je me rappelle encore de ce crâne qui trôna un temps chez mon oncle, on en trouvait parfois dans les labours. C'était ma première rencontre avec mes prédécesseurs. À 2 kilomètres de là, à Corsier Port, ce sont des vestiges d'une civilisation dites, à tort, de "Lacustre", que l'on découvre (2789 ans avant J.C.). Il faut dire que la région est belle et qu'ils auraient eu tort de se priver de cette magnifique vue. Plus récemment, cette région, rattachée au duché de Savoie, puis à la France et enfin donnée à la SuissePar le traité de Turin le 16 mars 1816,. Mes arrière-grands-parents, Paul Chollet et sa femme Rosalie Girardet, sont venus vers 1900 du canton de Vaud pour vivre à Anières comme locataire de la ferme de l'Hospice. Il en devint propriétaire et l'un de leurs fils, Henri Chollet et sa femme, Ferdine Cochet, se sont installés dans la ferme de Chevrens en 1923. Mes prédécesseurs étaient avant tout agriculteurs et cultivaient la vigne comme à-côté. Ils avaient des caves mais le vin était généralement vendu en vrac à des marchands ou dans les bistrots et autres débits de boissons. En 1945, mon grand-père rejoignit "La Souche", première coopérative viticole de Suisse. Mon père, Georges Chollet, après son mariage avec ma mère Ruth Serex, reprit la partie viticole au milieu des années 50. C'est à partir de là que les méthodes changèrent, la mécanisation, l'apparition du tracteur au détriment du cheval, l'élargissement des plantations, etc. Je suis né en 1966. Dès la fin de l'école obligatoire, après un court séjour à l'école de mécanique, je m'investis dans la formation viticole, Marcelin sur Morges, Changins et des stages en Allemagne, en Valais, aux USA en Oregon ainsi qu'à Genève chez des collègues. Enfin, en 1990, à 24 ans, mon premier millésime. En 2000, je reprends le Domaine en propriété. En 2013, après des décennies de productions conventionnelles, je décide de me passer de produits chimiques, sans herbicide, sans produits complexes et dangereux, sans d'engrais de synthèses, abandonnés déjà depuis plusieurs années. Pionnier des vins sans soufre dans les années 90, j'ai toujours eu l'envie de faire des vins "naturels". Il y a encore du chemin à parcourir, la progression est toujours possible. C'est en 2019 que je décide de faire confiance uniquement aux levures indigènes que je surnomme affectueusement "sauvages" et donne lieu à ma ligne de vins du même nom. Claude-Alain Chollet
Depuis 1990